Dans le cadre de l’Organisation Communautaire de Marché (OCM Sucre) de l’Union Européenne (UE), la filière a bénéficié de quotas et de prix garantis. Aujourd’hui, l’UE doit s’adapter aux règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) dans un contexte croissant de libre échange de marchandises.

La baisse du prix du sucre imposée par l’OMC à l’UE en 2006, avait entraîné la mise en place de subventions accordées par l’UE et le gouvernement français jusqu’en 2014.

L’OMC poursuit sa démarche et la Commission Européenne a décidé la fin des quotas sucriers au 01 octobre 2017.

Une mesure qui inquiète les planteurs et les producteurs de sucre, le prix de la tonne de canne étant déterminé par le prix du sucre. A titre d’illustration, environ 17 000 hectares de cannes sont dédiés en 2014 à sa production dans les deux sucreries (Gardel et de Marie-Galante) de l’Archipel Guadeloupéen. En effet, la fin des aides compensatoires dont dépendent les planteurs et  les industriels pourrait mettre en péril toute une filière. Le régime sucrier européen auquel sont soumises les industries des Outre-mer va entrer en concurrence avec des sucres produits par des pays dont les volumes de production sont de loin supérieurs et les coûts très inférieurs (Brésil, Inde…).

Une décision qui impose réaction : menacée par la concurrence internationale, il est aujourd’hui nécessaire que des solutions positives et à forte valeur ajoutée soient trouvées pour préserver la filière et ses emplois en toute transparence.

Une industrie agro-alimentaire qui va payer le prix de sa double dépendance – aux aides et mécanismes de défiscalisation ainsi qu’à l’import de matières premières – et pourrait devenir le point faible de l’industrie locale

Un manque d’anticipation et d’innovation – si les possibilités de valorisation de la canne sont en effet nombreuses (transformation de la bagasse, fertilisants biologiques, alimentation animale…), l’augmentation des tonnages de canne en l’absence de surfaces agricoles conséquentes, les améliorations technologiques progressives des installations industrielles ne sauront suffire à faire face au choc de la mondialisation des échanges.

Les pressions exercées par l’OMC sur l’UE pour faire appliquer le libre-échange, vont astreindre cette dernière à reconsidérer ses choix de valorisation de la canne, jusque-là cantonnés à l’industrie sucrière, si elle espère maintenir des emplois – développer les exportations vers la France et l’Europe, indispensable pour la pérennité de ces entreprises.

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