La Guyane jusqu’à aujourd’hui fait partie des seules collectivités à verser un salaire aux prêtres de l’église catholique considérés comme fonctionnaires de catégorie B. Si les autres collectivités fonctionnent selon la loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat l’exception que représente la Guyane est d’origine historique. C’est en effet une ordonnance royale du 27 aout 1828 définissant les pouvoirs du gouverneur qui attribue à l’Etat la rémunération des prêtres. Les Antilles et la Réunion ont connu le Concordat à la différence de la Guyane et ont ainsi pu mettre fin à ce régime lorsque la loi de 1905 fut appliquée dans les colonies.

L’Etat par la suite transmet cette charge à la collectivité, ainsi depuis 1900 c’est le budget local qui se charge de la rémunération des prêtres. Toutes les tentatives pour se défaire de cette disposition depuis 1946 ont abouti à un échec. Cela avait été approuvé en avril  2014 néanmoins suite à une requête de l’évêque de la Guyane Monseigneur LAFONT ainsi que les 26 prêtres  concernés  le juge du tribunal administratif a décidé d’ordonné que ces salaires de fonctionnaires de catégorie B soient reversé aux prêtres. Le payement de ces indemnités par la collectivité est considéré comme une obligation.

Face à cette situation le président du conseil général de la Guyane Alain Tien-Liong, n’admet pas que cette dépense soit prise en charge par le département allant jusqu’à refuser d’inscrire l’inscrire sur son budget 2015. Il demande donc  l’abrogation de l’ordonnance du 27 Aout 1828 et ce avant décembre afin d’éviter que cette charge ne soit allouée à la nouvelle collectivité de la Guyane. De plus il déclare vouloir attaquer l’Etat en justice afin d’obtenir un remboursement de  « toutes les sommes dépensées par le conseil général depuis la départementalisation».

La question  du salaire des prêtres en Guyane reste singulière, dans une France prônant et luttant pour la laïcité voire même le renforcement de celle-ci.

FSL