Ary Gordien (Doctorant en ethnologie, Université Paris 5) animera la deuxième visioconférence ouverte au public entre le laboratoire CECILLE-Lille 3 (Centre d’Etudes en Civilisation, langues et littérature) et le CRPLC (Centre de Recherche sur les pouvoirs locaux dans la Caraïbe), Université Antilles Guyane). Cette deuxième séance du séminaire « Dyspo »(dynamiques sociales et politiques dans les départements d’Outre- Mer aura lieu vendredi 24 janvier de 11h à 13h à l’Université Antilles Guyane (campus de Schoelcher, faculté de Droit et d’économie, 1er étage, salle de visioconférence).

Donner une meilleure visibilité au champ scientifique consacré à l’Outre-Mer, tel est le projet de ce réseau de jeunes chercheurs, le contexte social et politique s’y prête particulièrement. La mise en place d’un séminaire commun en visioconférence, Lille 3/ UAG) doit permettre la structuration d’une véritable recherche en sciences humaines et sociales sur les espaces « Ultramarins » contemporains.

La création de ce réseau a été initiée par des enseignants/chercheurs en Sciences sociales, Audrey Célestine, Maître de conférence en civilisation américaine au CECILLE Lille 3( Centre d’Etudes en civilisation, langues et littérature) et Aurélie Roger , Maître de conférence, sciences politiques au CRPLC (Centre de Recherche sur les pouvoirs locaux dans la Caraïbe )à l’UAG. Une initiative soutenue par la Maison Européenne des Sciences et de la Société (MESH).

|Amérindiens et Noirs marrons : désignés comme catégories primitives jusqu’en 1961

Le grand public a désormais l’opportunité de découvrir des pans entiers de notre Histoire méconnus. La première séance de ce séminaire a eu lieu le 22 décembre dernier et a été un peu occultée par les évènements qui ont agité l’UAG. Elle avait pour thème « des Primitifs aux Autochtones : « ethnologie et politiques publiques en Guyane de 1946 à nos jours » animée par Stéphanie Guyon ( Maître de conférence à l’Université de Picardie ). On découvrait notamment la manière dont les hiérarchies entre les groupes Amérindiens et Noirs Marrons, créoles et métropolitains, Indiens, Chinois et anciens bagnards (restés sur le sol guyanais) étaient forgées à l’époque coloniale, comment elles se sont prolongées ou transformées dans l’espace politique contemporain.

Ciblés comme catégorie « primitive » , les Amérindiens et Noirs Marrons avaient un statut différencié des autres populations et ne faisaient pas l’objet d’un recensement. Une situation qui a perduré jusqu’au milieu des années 60. Contrairement au Brésil et au Mexique qui ont eu une politique indigène très forte dès le début du 20eme siècle, la France, en Guyane, a élaboré très tard des politiques publiques à destination des Amérindiens et des Noirs Marrons. De ce point de vue, l’ethnologie a beaucoup mobilisé les Etats coloniaux dans la fabrique et la mise en œuvre de ces politiques. ( Le public peut écouter l’intégralité de cette première séance sur le lien http://dyspo.hypotheses.org

En Martinique, le CRPLC, Centre de recherches sur les Pouvoirs Locaux dans la Caraïbe, affiche un certain dynamisme avec notamment l’obtention en 2009 d’un financement ANR ( Agence Nationale de Recherche). La prochaine intervention aura lieu fin février à l’UAG et aura pour thème « La Nation Martiniquaise » existe-t-elle ?

Signalons un autre cycle de séminaires organisé par ce réseau de jeunes chercheurs à l’Université Paris 8 intitulé « Populations Noires en France : Nouvelles dimensions historiques et historiographiques » où sont abordés des thèmes aussi divers que « La conversion à l’Islam de jeunes Antillais » ou le « Paris Antillais Gay ». |

Ch.K