Le 31 décembre 2010, un père de famille, Claudy Elisor décédait à la suite de coups violents portés par un groupe qui s’était introduit dans une soirée privée qu’il organisait au Blanc-Mesnil en Seine Saint-Denis. Depuis, l’enquête piétinne, et dernier rebondissement en date, le principal suspect a été libéré suite à la non-réception d’un fax, à cause d’un défaut d’encre. Communiqué du CREFOM

« Saisi par le Président du Conseil Représentatif des Français d’Outre-Mer (CREFOM)*, le Ministre des Outre-Mer, Victorin Lurel, a reçu mardi de 19h à 21h Fabienne Elisor, la veuve de Claudy Elisor, sa mère, son conseil, Maître Bernard Benaïem et une délégation du CREFOM, conduite par le président, Patrick Karam, avec le vice-président délégué Claudy Siar et le secrétaire général Daniel Dalin.

L’affaire Elisor a profondément meurtri la communauté antillo-guyanaise et continue de susciter une vague d’émotion sans précédent, notamment en raison des différents dysfonctionnements intervenus depuis le début de cette affaire.

Au regard de l’ensemble des éléments du dossier et de l’ampleur des dysfonctionnements, l’enquête administrative diligentée par Mme Christiane Taubira devrait faire la lumière sur les conditions de la remise en liberté d’un accusé pour une question relative à un manque d’encre dans un fax.

Mais le président du CREFOM, Patrick Karam, considère qu’il serait souhaitable que l’ensemble de la procédure soit questionné, qu’une mission d’enquête inter-inspection puisse être diligentée sur différentes anomalies:
les conditions d’intervention de la police le soir du drame,
Une parole présidentielle non suivie d’effet,
la remise en liberté d’un des deux accusés, un juge désavoué en appel et dessaisi du dossier, phénomène rarissime, la fuite à l’étranger consécutive sans que le mandat d’arrêt international soit mis en exécution alors que dans une autre affaire, le GIGN avait été envoyé au Sénégal et l’accusé Youssouf Fofana arrêté. Ensuite le retour en France de l’accusé qui a pu vivre pendant plus de huit mois sans jamais être inquiété par la police alors même qu’il bénéficiait d’une carte d’assuré social, du RSA, d’un portable et qu’il vivait chez sa mère. Il a fallu qu’il se présente à un commissariat pour être arrêté. La police a-t-elle suivi l’affaire et enquêté? Comment l’accusé a-t-il pu entrer en France? Comment a-t-il pu vivre au vu et au su de tous sans être le moins du monde inquiété malgré un mandat d’arrêt? La police a-t-elle été diligente dans cette affaire?

Et enfin dernier épisode la remise en liberté de l’autre accusé à la faveur d’un invraisemblable cafouillage judiciaire lié à une faute des services judiciaires qui n’ont pas répondu à la requête de remise en liberté dans les temps impartis, faute d’avoir mis un toner dans un fax et pourquoi pendant plus de 10 jours personne ne s’était inquiété de ne pas recevoir de fax des différentes maisons d’arrêt? Pourquoi la procureure a-t-elle d’abord évoqué une panne du serveur informatisé central avant de reconnaitre par la suite qu’il ne s’agissait que d’un simple toner non remplacé? Et lorsque l’accusé s’exprime sur des chaînes de télévision, n’aurait-on pas pu relancer une procédure pour annuler sa remise en liberté? N’y avait-il pas là violation de son contrôle judiciaire qui lui impose de n’avoir aucun contact d’aucune sorte avec les parties civiles qui, elles, ont mal vécu ces interventions intempestives à la télévision?

De plus, comment expliquer que seuls deux accusés ont été appréhendés sur la dizaine de délinquants qui ont perpétré le meurtre. Tout est-il mis en oeuvre pour rechercher les complices?

Enfin au regard du précédent de son présumé complice, la famille peut légitimement craindre une fuite dans un pays étranger. Un procès qui s’ouvrirait sans l’accusé aurait des conséquences incalculables d’abord pour la famille car le deuil se construit à travers la vérité en matière judiciaire et l’absence d’un principal accusé empêcherait toute apaisement et ensuite pour les antillais car cela raviverait le sentiment de traitement différencié, de justice à deux vitesses et des tensions qui pourraient entraîner des dérapages dans une période difficile.

Cette douloureuse affaire a laissé une veuve et deux orphelins.

La réception par le ministre des outre-mer est un signal fort au plus haut niveau de l’Etat qu’il était important de donner afin de rassurer Mme Elisor et nos compatriotes ultramarins qui s’interrogent ouvertement sur la légèreté avec laquelle ce dossier a été suivi.

Il ne s’agit pas pour la famille de demander une aide politique mais l’Etat doit monter de la considération pour une famille éprouvée et répondre au sentiment d’injustice et d’inégalité de traitement qu’éprouvent les Français d’Outre-Mer.

Le ministre Victorin Lurel a tenu à rassurer la famille et le CREFOM sur la volonté de la République d’obtenir que toute la lumière soit faite et que la justice soir rendue.
Il est important, dans cette période de crise profonde, d’apporter des réponses politiques à la souffrance et à la dénonciation par l’opinion publique et les principales associations ultramarines d’une justice à deux vitesses, désastreux pour le sentiment d’appartenance nationale.

Le CREFOM continuera de suivre de très près cette affaire et mettra tout en oeuvre pour que justice soit faite. »

Le titre est de la rédaction