Depuis que son utilisation a été autorisée, les Guyanais n’ont pas cessé pour certains de manifester leur désaccord. Le mercredi 21 janvier, les membres du collectif « non au malathion » s’étaient déjà mobilisés pour lutter contre l’utilisation de ce produit.

Le malathion est en effet un biocide dont l’utilisation permet de lutter contre le développement des moustiques porteurs du chikungunya. Interdit en Europe depuis 2008, une dérogation de six mois a été accordée à la Guyane pour combattre les moustiques dans la mesure où ceux-ci résisteraient fortement aux autres insecticides selon l’agence régionale de la santé.

Cette décision d’avoir recours au malathion en novembre 2014 fut prise en concertation avec la préfecture et de l’agence régionale de la santé après que 10 500 cas fut recensés.

Si les autorités sont convaincues que le malathion est l’unique arme de lutte efficace contre cette épidémie, la population quant à elle, manifeste une certaine réticence et certains refusent catégoriquement d’avoir recours au produit. Une pétition avait en effet était mise en ligne et avait récolté 2000 signatures.

D’abord suspendu par le président du Conseil général Alain Tien Long, suite à la reconnaissance par l’Office Mondial de la Santé du caractère cancérigène du biocide malathion. L’utilisation du malathion est stoppée provisoirement après que celui-ci fut reclassé par l’OMS (l’organisation mondiale de la santé) comme agents cancérogènes probables.

Le président du Conseil général déclare qu’ : « Il appartiendra à l’état dès lors que ces éléments lui seront transmis, de nous dire quelles sont les dispositions qu’il prend. Car comme je l’ai rappelé, la décision que nous avons prise d’utiliser le malathion ne s’est pas faite de façon unilatérale ».

Les experts de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.) ont été saisis par le Ministère de la santé sur cette question. Le conseil général attend les résultats de l’expertise avant de se prononcer définitivement sur le malathion, toutefois jusqu’à nouvel ordre son usage est stoppé.

Le préfet souligne quant à lui l’écart entre le nombre de victimes causé par le chikungunya dans les trois départements : 85 en Martinique 75 en Guadeloupe contre 2 en Guyane, le seul département a utilisé le malathion.

FSL @polpubliques