Marie Hardy a suivi l’ensemble de son cursus  à l’université des Antilles  et a reçu le prix de thèse 2014 du Comité National pour la Mémoire de l’Esclavage.  Elle interviendra le 12 novembre à l’université Paris 8 de 15h à 18h (en salle G niveau 2) dans le cadre du séminaire « les populations noires en France: nouvelles dimensions historiques et historiographiques ».
Le Comité remet un prix chaque année depuis 2005 à un travail de recherche relatif à la traite, l’esclavage et leurs abolitions. Il consiste en un versement au lauréat de 7000 euros. Ce prix récompense une thèse de doctorat en langue française présentant un caractère novateur, qui contribue à une meilleure connaissance de la traite négrière, du système esclavagiste, des processus d’abolition et de la mise en place de sociétés post-esclavagistes dans le monde Atlantique et dans l’océan Indien, de la fin du XVe siècle jusqu’à la période contemporaine. Le Comité national dans sa séance plénière du 12 mars 2015 a décidé de dénommer le prix 2014 prix « Maryse Condé » en hommage à la première présidente du Comité national qui fêtait le dixième anniversaire de la « journée nationale des Mémoires, de la Traite de l’Esclavage et de leurs Abolitions ». • Prix 2014 « Prix Maryse Condé .»
Le Comité national a distingué deux lauréats :
Madame Marie HARDY : Thèse de doctorat en histoire sous la direction de Mme le Professeur Danielle Begot, soutenue le 4 juin 2014 à Schœlcher en Martinique, Université des Antilles et de la Guyane « Le monde du café à la Martinique du début du XVIIIe siècle aux années 1860 » et Monsieur Delide JOSEPH : Thèse de doctorat en histoire sous la direction de Mme Myriam Cottias, soutenue le 28 avril 2014 à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) « Genèse d’une idée avantageuse d’Haïti » : Socio-histoire de l’engagement des intellectuels haïtiens, 1801-1860 »
Résumé de la thèse de Marie Hardy

« L’historiographie antillaise n’a donné jusqu’ici qu’une vision tronquée de la société martiniquaise. L’appréhension de l’ère coloniale s’est très tôt autocentrée sur l’économie plantationnaire sucrière à moteur externe, mais cette dernière n’a guère occupée plus de la moitié de la population de l’île au XVIIIe et dans la première moitié du XIXe siècle. Pour une grande majorité, la masse laborieuse libre ou esclave se répartit entre les villes et les exploitations de type « secondaire ». A mesure de l’appréhension de l’univers caféier, un monde à part se profile dessinant une nouvelle catégorie sociale divergente de l’élite sucrière qui apparaissait jusqu’ici comme le modèle représentatif de la population blanche propriétaire terrienne. Une catégorie intermédiaire est mise en place mettant en relief un groupe caféier économiquement faible au mode de vie difficile, présentant des comportements matrimoniaux endogames aussi bien spatialement que socialement. Cette analyse révèle un corps social pluriel dans lequel les femmes, les libres de couleur, et avec l’abolition de l’esclavage les nouveaux libres tiennent une place de choix. Ce travail a l’avantage de combler un important vide historiographique en matière d’histoire sociale de la Martinique, ainsi que de renouveler le concept de société d’habitation à travers la mise en perspective d’une catégorie sociale jusque-là restée inaperçue. »
Ch.K

programme les populations noires-2015-2