Par Rodolphe Désiré*

Le Marché d’Art Contemporain du Marin 2011 (MAC) s’est terminé le dimanche 27 novembre 2011 et une fois de plus, on peut considérer que ce fut un énorme succès.

En effet, en dépit d’une pluviométrie exceptionnelle pour la période, de nombreux visiteurs ont quand même fait le déplacement parmi lesquels tous les véritables amateurs de l’Art et de la Culture à la Martinique. Et les quarante plasticiens qui nous ont fait l’honneur de présenter leurs œuvres au Marin ont pu une fois de plus être mis en relation avec les acheteurs et les passionnés par l’Art !

Il faut signaler cette année plusieurs innovations. Une exposition remarquable à la Paroissiale avec les artistes Victor ANICET et Richard Viktor SAINSILLY-CAYOL, des installations d’étudiants de l’IRAVM (Institut Régional des Arts Visuels de la Martinique)dans plusieurs lieux du Marin, la présence d’artisans remarquables, les conférences sur les civilisations précolombiennes dans la Caraïbe tenues par des spécialistes, l’anthropologue Thierry L’ETANG de la Martinique, les professeurs Sébastian ROBIOU-LAMARCHE de Porto-Rico et Marcio VELOZ-MAGGIOLO de la République Dominicaine, les prestations du quartet de jeunes cubains (Groupe ALMAS) et surtout la réalisation de quatre magnifiques fresques en céramique-mosaïque (trois à la Mairie et une au Centre Culturel) par les cubains Fernando et David VELAZQUEZ et le colombien Manolo COLMENARES, et qui, désormais, enrichiront le patrimoine artistique du Marin.

Ce Marché d’Art Contemporain a connu donc un succès incontestable en dépit, pour employer une expression martiniquaise, de tentatives de sabotage par certains « diables voulant empêcher la procession de passer ». A ce propos, puis-je rappeler une fois de plus qu’il s’agit d’une manifestation organisée par la commune du Marin et cofinancée par les collectivités locales et nos partenaires, dans le but de populariser l’Art à la Martinique, d’aider les artistes à faire connaître et promouvoir leurs œuvres !

Par là-même, il s’agit d’une modeste contribution de la commune du Marin au développement de l’Art et de la Culture en Martinique. Son originalité réside dans le fait qu’il ne s’agit pas d’une manifestation élitiste, ni d’une mini FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain de Paris), l’objectif premier étant d’amener l’Art au Marin et le mettre au contact direct avec la population martiniquaise.

Je le sais bien, cela ne convient pas à un certain nombre de nos plasticiens prétentieux, mais je leur signale qu’aujourd’hui, les plus grands musées du monde, en particulier le Louvre, s’ouvrent aux Arts premiers et à l’Art dans l’absolu. Je leur conseille de consulter le magazine Beaux Arts de Novembre 2011 et de lire l’article : Le Clézio fait du Louvre un « musée-monde ». Je cite : « Longtemps considéré comme le haut lieu de la prééminence de l’art occidental, le Louvre n’a cessé depuis une dizaine d’année de clamer son œcuménisme artistique. En accueillant il ya onze ans un département des Arts premiers, en accordant une nouvelle place aux arts de l’Islam qui se déploieront dans de nouveaux espaces en 2012, en confirmant l’ouverture, en 2014, du Louvre Abu Dabi… En choisissant Jean-Marie Gustave Le Clézio comme grand invité, le Louvre prend bel et bien acte de la mondialisation. Pionnier du concept de « littérature monde », Jean-Marie Gustave Le Clézio avance celui de « musée-monde » qui place à égalité les arts et les cultures de la planète, réfute les frontières entre art et anthropologie, art mineur et art majeur, combat toutes les formes d’académisme et magnifie le geste de l’artiste-artisan. » (Chronique de Natacha Wolinski)

Mais, je ne peux m’empêcher d’être scandalisé par le comportement des artistes qui ont tenté par tous les moyens de saboter cette manifestation, en particulier HABDAPHAÏ. Il m’oblige à rappeler que lors du Marché d’Art Contemporain en 2009, pour lequel il avait été employé pour six mois par la commune, il avait été l’auteur de voies de fait intolérables, inquiétants pour la sécurité de cette manifestation, sous prétexte que la commune, ce qui est son droit, avait autorisé l’installation d’un stand qui ne lui plaisait pas et lui avait imposé la participation des artistes marinois. Il a fallu l’arrêter pour que les choses ne soient pas plus graves !

Ces voies de fait qui méritaient des poursuites judiciaires, que je n’ai pas voulu entreprendre compte tenu des relations que nous entretenions alors, représentaient déjà une véritable tentative de sabotage du MAC !
Son comportement a été de plus en plus agressif vis-à-vis de la Municipalité, se condamnant lui-même dès lors à toute collaboration.
Je ne répondrai pas aux attaques des artistes qui le soutiennent. Certains ignorent probablement le fond du problème, les autres s’ils sont informés, je les laisse à leurs propres consciences. En tout cas, leur comportement a entraîné une auto sanction des artistes qui ont suivi la cabale. Et le comble de cette affaire a été la provocation d’ HABDAPHAÏ se présentant le soir de l’ouverture officielle sous couvert de déguisement et masqué de la tête aux pieds afin de perturber la manifestation, posant par là -même un problème de sécurité.

Je signale que HABDAPHAÏ organisait pendant la même période un contre marché de l’Art à l’hôtel « L’Impératrice » à Fort de France. Etait-il invité à faire une performance au Marin, ce jour-là ? NON.

Je sais bien que nous vivons une époque où une sourde inquiétude s’installe dans tous les secteurs d’activités : économique, social et même culturel de notre pays. L’économie va mal dans le monde avec des répercussions qui sont déjà considérables à la Martinique. Tout le monde sait que quand l’économie va mal, l’Art va mal. Mais, ce n’est pas une raison pour que des plasticiens irresponsables s’attaquent aux représentants politiques de la Martinique, surtout ceux qui justement ont contribué le plus au développement de l’Art martiniquais. C’est ce que j’appelle des plasticiens atteints du syndrome de « l’aveugle au pistolet » ( Chester Himes).

Rodolphe Désiré est Sénateur honoraire, maire et conseiller général du Marin