Depuis 2013, 6 774 cas de chikungunya ont été recensés en Guyane. Si l’Est était relativement épargné l’épidémie s’est propagée à Saint-Georges et surtout de l’autre côté de l’Oyapock, sur la rive brésilienne depuis le mois de septembre. Plus de 2000 personnes ont été affectées par la maladie; comme moyen de lutte, un barrage sanitaire a été placé en direction d’Oyapock à la sortie de Makaba afin d’éviter que l’épidémie ne se répande sur les rives de l’Amazonie. Si les services de santé guyanaise sont mieux équipés que leur voisin pour lutter contre l’épidémie, l’absence de coopération entraine une propagation plus rapide de la maladie. Cette absence de coopération Guyane- Brésil sur cette question pourrait se justifier par le fait que la coopération transfrontalière entre les deux pays est toute récente.

En dépit des divers cas recensés à Oyapock, et du barrage sanitaire, les échanges se poursuivent à la frontière, la mise en place de structures pour préserver la santé transfrontalière sont inexistantes. Les médecins de l’Oyapock manifestent leur volonté de travailler avec leur voisin. En effet, ils souhaiteraient une meilleure collaboration avec leurs collègues brésiliens, un meilleur échange de l’information, pour qu’il y ait un partage des tâches qui rendrait le combat plus efficace.

Cette situation de crise générée par le Chikungunya met un exergue une problématique beaucoup plus profonde, celle des limites de la coopération Guyane- Brésil. En effet les relations politiques étant divergentes cela complique les échanges. Depuis 2013, il n’y a pas eu de réunion de la commission mixte transfrontalière pour faire avancer la coopération transfrontalière en matière de santé.

Félicia St Lewis   @polpubliques