Le chef d’état de Bolivie, Evo Morales, a promulgué la loi permettant le travail des enfants à partir de 10 ans. Ce dernier se félicite du nouveau code de l’enfant et de l’adolescent, ayant lui-même travaillé petit. Une décision applaudie par le syndicat de jeunes ouvriers créé en 2011, l’Union des enfants et adolescents travailleurs de Bolivie (Unatbo) qui voit cette évolution comme la reconnaissance de leurs statuts et revendiquant leurs droits à un travail « digne ». A l’initiative de cette évolution législative, un mouvement de protestation initié par les membres de ce syndicat en décembre 2009. Ces enfants travailleurs exigent d’être consultés sur toute question les concernant et participer à la rédaction des textes. La Bolivie devient ainsi le premier pays au monde à légaliser le travail des enfants dès 10 ans.

Une décision qui peut surprendre, de la part d’un gouvernement militant, qui va à l’encontre de la convention 138 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur la limitation du travail infantile à l’âge de 14 ans, ratifiée par ce pays en 1997 – et un choix regretté par de nombreuses institutions qui militent contre le travail infantile.

La Bolivie est le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud avec 10 millions d’habitants et un salaire minimum mensuel de l’ordre de 207 euros. La situation sociale précaire des familles, contraint les enfants au travail dès leur plus jeune âge. Une réalité de terrain : pour subvenir à leurs besoins primaires, ils quittent l’école et s’engagent dans des travaux parfois dangereux – travail dans les mines, les briqueteries, les champs de canne durant les campagnes de récolte. Des contraintes physiques, une pénibilité au poste de travail, un illettrisme, qui laissent craindre le devenir de ces enfants tant sur le plan de la santé qu’au niveau social.

L’exploitation des enfants dans le monde gagne ainsi en puissance. Les composantes sociales, économiques et culturelles du pays sont en partie responsables de cette perte de valeur morale. Outre la pauvreté chronique des ménages, la pauvreté de la politique sociale du gouvernement de Bolivie et son positionnement quant au droit à l’éducation des enfants interroge.  

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