La visite de Claude Guéant aux Antilles, de ce samedi 11 au lundi 13 février 2012 aura donc bien lieu. Mais c’est un accueil pour le moins glacial – ou peut-être au contraire particulièrement « chaud », c’est à voir – que recevra le ministre de l’intérieur après ses propos sur les civilisations, et la réaction du député martiniquais Serge Letchimy à l’Assemblée Nationale. Après le meeting organisé à Fort-de-France vendredi soir autour de Serge Letchimy par le comité devoir de mémoire et la ligue des droits de l’homme, de nombreux martiniquais pourraient se retrouver à l’aéroport en ce samedi après-midi. Plusieurs appels sont lancés en ce sens par des organisations, tels le GRS (Groupe Révolution Socialiste dirigé par Gilbert Pago), ou sur les réseaux sociaux. De petits groupes se réunissent déjà sur place à l’heure où nous publions ces lignes, et pourraient grossir à l’approche de la fin d’après-midi. Claude Guéant devrait emprunter l’un des deux vols prévus pour se poser à 17h ou à 19h45.

Au-delà des manifestations hostiles spontanées auxquelles aura donc droit le ministre à sa descente d’avion tant en Martinique qu’en Guadeloupe le lendemain, il devra également composer sans les élus locaux, qui boycotteront pour l’essentiel les manifestations prévues, et ne recevront pas Claude Guéant au sein de leurs collectivités. L’entretien entre Claude Gueant et Serge Letchimy le lendemain du clash à l’Assemblee Nationale n’aura rien changé à l’affaire, chacun, selon le mot du ministre, « n’ayant pas convaincu l’autre du bien fondé de sa position ».

Plus largement, la droitisation du discours de l’UMP, qui selon de nombreux observateurs nationaux prend le pari de « chasser sur les terres du Front National », et le rôle particulier joué par Claude Guéant depuis son arrivée au ministère de l’intérieur, devraient être particulièrement contre-productifs dans les DOM, électoralement. Il y a fort à parier que ces territoires, qui avaient largement voté en faveur de Ségolène Royal lors des dernières présidentielles, signifient une nouvelle fois à l’actuelle majorité présidentielle une fin de non recevoir dans les urnes, tant aux présidentielles qu’aux législatives.

Article mis a jour à 16h40