Communiqué – Association Internationale des Victimes de l’Inceste | « Dieu merci, les faits sont prescrits !» au grand soulagement de Mgr Barbarin. Nous, associations de victimes, d’aide aux victimes et de protection de l’enfance, demandons à notre gouvernement et à notre législateur d’abolir la prescription des crimes et délits sexuels sur mineur afin de prévenir le passage à l’acte des pédocriminels.

« Dieu merci, les faits sont prescrits !», cette déclaration insoutenable du Cardinal Barbarin à propos des accusations de violences sexuelles sur mineur portées contre le père Preynat démontre une fois encore que nos lois ne protègent pas suffisamment nos enfants contre les pédocriminels. Pourtant, maintes fois depuis 1989, le législateur a amélioré sa copie prenant conscience de la difficulté pour un enfant de porter plainte contre une personne dont il dépend ou qui a autorité sur lui. On a par ailleurs prouvé scientifiquement que les victimes subissent un déni du traumatisme pouvant aller jusqu’à l’oubli total des faits. Le cerveau les protège des conséquences graves qu’entrainent ces infractions. Pour ces raisons, le délai de prescription actuel de 20 ans après la majorité de la victime doit être supprimé comme au Canada ou en Suisse.

Notre législateur, constamment interpellé par nos associations et par les victimes elles-mêmes vient de refuser le 10 mars dernier d’allonger la prescription en matière de violences sexuelles sur mineur. Proposition de loi Tourret et Fenech (Réforme de la prescription en matière pénale).  Dans leurs débats, nos députés n’ont pas parlé une seule fois de l’argument principal pouvant justifier l’abolition de la prescription à savoir la prévention. La prescription fait obstacle à la prévention car les victimes portent plainte dès qu’elles le peuvent pour protéger d’autres enfants. Malheureusement il leur faut du temps pour que les souvenirs ressurgissent et pour trouver la force de porter plainte. Ce temps de la reconstruction n’est pas en accord avec nos lois actuelles.

En conséquence, nous demandons à notre gouvernement et au législateur de changer nos lois en abolissant la prescription des crimes et délits sexuels sur mineur afin de protéger nos enfants.