La directrice de l’Organisation Mondiale de la Santé, Margaret Chan, a jugé en août dernier la situation alarmante de la propagation du virus Ebola, justifiant que la flambée de la maladie à virus Ebola soit une «urgence de santé publique de portée mondiale ».

L’Afrique de l’Ouest (Guinée, Liberia, Sierra Leone) touchée depuis plusieurs semaines par une très inquiétante épidémie de virus Ebola, voit sa situation sanitaire se dégrader de manière considérable. La propagation du virus et le nombre de morts (près de 1000 à cette date) obligent de décréter l’état d’urgence (barrages routiers) dans les régions du Liberia et de Sierra Leone.

Pour rappel, le virus Ebola a été identifié pour la première fois en 1976 à Nzara au Soudan ainsi qu’à Yanbuku au nord du Zaïre. Il est responsable de plusieurs épidémies causant des centaines de morts avec des phases d’éclosion, d’expansion et de disparition naturelle. Ce virus se transmet à l’homme tout d’abord par les animaux sauvages (singes, chauve-souris), ensuite à partir des fluides corporels d’un malade en phase clinique : contact direct avec le sang, les sécrétions, les fluides organiques. Les phases de contamination critiques concernent les soins aux malades et les soins funéraires.

Des procédures rigoureuses de contrôle sont mises en place dans les aéroports, obligeant les passagers à un contrôle de température par thermoscan et une mise en quarantaine en cas de fièvre quelle qu’en soit le motif.

Le ministère de l’écologie, du développement et de l’énergie déconseille fortement aux français tout voyage non obligatoire en Guinée, Sierra Leone, Libéria et Nigéria.

La République démocratique du Congo met en place des mesures de prévention au niveau des points d’entrée de son pays et a réactivé ses mesures de contingence.

Depuis mars 2014, le Réseau mondial d’alerte et d’actions en cas d’épidémies a demandé l’intervention de laboratoire mobile en Guinée permettant aux scientifiques de détecter le virus sur des prélèvements dans des conditions de sécurité maximale.

Cette épidémie est également prise très au sérieux par les syndicats des pilotes qui recommandent de suspendre les découchers pour les personnels navigants et à ces derniers d’exercer leurs droits de retraits face au danger grave et imminent menaçant leur intégrité physique, dans le cadre de certaines rotations dont Paris/Conakry.

Cette maladie étant une des plus virulentes au monde avec un taux de létalité de l’ordre de 90%, les mesures adaptées et actions de protections recommandées aux autorités nationales et mises en œuvre dans les pays touchés et avoisinants devraient permettre de maîtriser la propagation de la maladie.

Les décisions alarmistes de l’OMS viendraient-elles renforcer les investissements et mobiliser la communauté mondiale pour enrayer ce fléau? En effet, face à la gravité de la situation, elle autorise la mise sur le marché de médicaments testés à ce jour uniquement sur les animaux et dont les effets indésirables sur l’homme ne sont pas connus. Des traitements non homologués qui seront distribués dans les pays d’Afrique touchés par l’épidémie faisant aujourd’hui près de 2 000 malades. Une décision « éthique » qui fait débat dans le monde médical. Mais l’OMS pose les conditions de la prise de ce traitement – transparence absolue quant aux soins, consentement informé et éclairé, confidentialité, respect des personnes, respect de la dignité et implication des communautés.

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