Tribune – Nicolas Girier-Dufournier | Même si le ministre de l’intérieur a suspendu les quatre policiers incriminés dans l’agression de Théo, il est bon de demander aux candidats à la présidence de la République de prendre conscience de la montée du racisme en France et de prendre position pour dénoncer ce déchaînement de violence contre ce jeune homme, qui plus est, par quatre policiers. En effet, une agression est toujours répréhensible mais, l’acte revêt un aspect encore plus odieux lorsqu’il est commis par des policiers, c’est-à- dire des fonctionnaires censés protéger tout citoyen sur notre sol, quelle que soit sa nationalité et sa couleur de peau. Comment peut-on essayer de nous faire croire que quatre hommes, dans la force de l’âge, aguerris aux actions policières, ne parviennent pas à maîtriser un individu isolé ? Et quand bien même auraient-ils dû employer la force, comment imaginer que les terribles blessures infligées à la victime n’ont pas été intentionnelles ? Mais, quand on voit des candidats à la présidence de la République s’absoudre de fautes graves, bien que d’un autre ordre, on peut craindre que des policiers soient tentés de les imiter en formulant quelques mea culpa qui les exonéreraient de toute poursuite judiciaire et d’une condamnation à la hauteur du délit. Ne nous dirigeons nous pas vers une France sans foi ni loi ? Un pays où la violence serait reine ? Une terre où chaque citoyen pourrait à la fois se rendre coupable d’actes barbares sur autrui comme en devenir la victime ? Une jungle humaine où la vie ne serait plus que survie ?

Devrons- nous, hommes de couleur, nous cloîtrer chez nous, au moment même où certains nous demandent de participer à la campagne électorale et de prendre une part active à l’élection présidentielle ?

Quel candidat permettra un comportement neutre mais ferme et respectueux des droits du citoyen et de la déontologie des forces de l’ordre ?