Invitée de Laurent Ruquier dans l’émission  »On n’est pas couché » sur France 2 samedi 26 septembre, Nadine Morano (Les Républicains) a affirmé à plusieurs reprises que « la France est un pays judéo-chrétien, le Général de Gaulle le disait, de race blanche. J’ai envie que la France reste la France et je n’ai pas envie que la France devienne musulmane« . Nadine Morano qui en réponse à l’existence de français non-blancs, notamment antillais, a précisé son propos en parlant de « majorité blanche« .

Des propos assumés par une élue déjà connue pour ses « sorties » populistes, mais qui provoquent depuis deux jours un tollé d’indignation sur la toile et dans les médias. Une lettre ouverte rédigée par un enseignant (Nicolas Huguenin) moque l’ignorance de l’ancienne ministre UMP, et conclut « Tout cela pour vous dire, madame, que votre vision d’une France réduite à ses seuls habitants « de souche » est non seulement insupportable moralement, mais aussi sacrément dépassée. Et que votre peur panique de tout changement, de toute modernité, est pathétique. Et presque risible. « Nous avons éteint dans le ciel des lumières qu’on ne rallumera plus », disait le député René Viviani en 1906. Et ce n’est pas en allumant les feux d’une guerre civile que vous ferez croire aux électeurs que vous brillez, madame. Tout le monde le sait : vous n’êtes pas une lumière. »

Dans son propre camp, Nadine Morano fait l’objet de critiques sévères, et de recadrages tel celui de Bruno Bruno Le Maire : «La France n’a jamais été ni une race, ni une religion, ni une couleur de peau. La France c’est une idée, c’est des principes, c’est des valeurs essentielles, l’égalité homme-femme, la laïcité, notre histoire, notre mémoire, notre langue.»

George Pau-Langevin, ministre des outre-mer, a également réagi à la polémique : « Face aux récents débats on peut, en toute logique, s’insurger contre les propos de Nadine Morano qui comme François Fillon procède à une opposition primaire entre français et immigrés, voire entre français et étrangers tout juste arrivés en France. Ils ignorent que depuis des années la France a une population plurielle et métissée. Dans ce type de débat, plus de 3 millions de personnes se sentent régulièrement reniées. Elles ont pourtant toujours été au rendez-vous quand il s’est agi de défendre leur pays en période de guerre ou de paix. Il est temps de réaliser la complexité de sujets trop souvent perçus comme primaires. »

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