Le volcan sous-marin kick’em jenny situé à Grenade a vu ces derniers jours croître son activité. Un regain qui fait craindre une éruption aux scientifiques, et qui a occasionné un classement en vigilance orange. Situé à 230 km au sud de la Martinique, le phénomène pourrait entrainer un tsunami. Un phénomène que le géographe Pascal Saffache décrivait dans un article à ce sujet.

«  (..) le volcan sous-marin Kick’em Jenny – dont le cratère se situe à une profondeur de 130 m – qui se localise au nord de l’île de la Grenade (à 9 km environ), au sud de l’île de Cariacou et à cinq kilomètres environ de l’île de Round Island, ne se situe qu’à 230 km de la Martinique. En cas d’éruption majeure de ce volcan, un tsunami de forte amplitude pourrait atteindre non seulement les îles les plus proches (Les Grenadines, Saint-Vincent, Sainte-Lucie, La Martinique), mais aussi les territoires un peu plus éloignés comme La Barbade, Margarita, Trinidad et Tobago, les côtes Vénézuéliennes, l’archipel guadeloupéen et même Porto Rico.

Au cours des 70 dernières années, ce volcan a généré douze éruptions ; celle du 24 juillet 1939 fut assez violente, car elle projeta des matériaux volcaniques à plus de 270 m au-dessus du niveau de la mer. Si cette éruption n’entraîna aucune destruction directe, elle déclencha un tsunami de 2 m d’amplitude qui atteignit l’île de Round Island, les côtes du village de Sauteurs au nord de la Grenade, l’île de la Martinique et vraisemblablement celle de la Guadeloupe.Connaissant la vitesse de déplacement d’un tsunami (de 650 à 850 km/h), en cas d’éruption du Kick’em Jenny les populations côtières antillaises ne disposeraient au mieux que d’une cinquantaine de minutes pour évacuer les lieux, et au pire d’une vingtaine de minutes. Autant dire que dans ces conditions, il sera impossible de déplacer la moindre personne ; avant que l’alerte ne soit donnée, la catastrophe aura eu lieu.En définitive, la menace la plus importante vient bien du Kick’em Jenny et non de la Cumbre Vieja.«