Les réseaux sociaux bruissent de la décision rendue par le tribunal administratif de Basse-Terre. La juridiction, saisie sur le refus par la commune de Sainte-Rose d’autoriser l’installation de deux stèles commémoratives en hommage aux premiers colons, a rendu le 6 mars 2015 une décision indiquant que les mentions qui doivent être inscrites sur les stèles « ne contiennent en elles-mêmes aucun propos portant une atteinte au respect de valeurs et principes consacrés par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ou par la tradition républicaine appelant des mesures de sauvegarde immédiates (…) ». 

Le projet et la décision de justice heurtent guadeloupéens et martiniquais, à l’image de Jocelyn Valton, critique d’art, qui explique sur sa page facebook les motifs de ce rejet  : « Alors que circule la nouvelle d’une décision de justice validant l’installation, à l’initiative d’un groupe de békés (descendants des esclavagistes) d’une « stèle commémorative » dans la commune de Ste Rose commémorant le débarquement des colons français en Guadeloupe, peut-être est-il nécessaire de rappeler avec force que cette arrivée fut un fait de colonisation violente. 

Dans son « Discours sur le colonialisme » Aimé Césaire rappelle ce que fut cette colonisation. Faut-il aussi rappeler que l’arrivée des colons n’était pas une visite touristique et qu’elle fut liée à l’extermination des Amérindiens dans les Caraïbes et à la mise en esclavage des Africains ?

Nous disons que commémorer cette arrivée là (c’est-à-dire : honorer sa mémoire) revient donc à faire l’apologie du colonialisme (et de ses « bienfaits » !) et à minimiser le crime esclavagiste qui en fut le prolongement. »

 

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