Raphaël Confiant est un homme public excessif. Après avoir – au lendemain du vote contre l’article 74 en 2010 – traité les martiniquais de « salissures » et « d’étrons », le Doyen de la fac de lettres de l’UAG a récemment qualifié les guyanais de « tèbès » et de « racistes ». Dans une correspondance mail « privée » avec une dizaine de ses contacts, et rendue publique par l’un d’entre eux, l’écrivain martiniquais exprimait en effet sa colère face aux réactions de certains de ses collègues dans le conflit qui mine l’UAG.

Et l’affaire fait grand bruit en Guyane. Le président de Région Rodolphe Alexandre, a dénoncé des « propos orduriers », et la polémique se poursuit sur plusieurs médias.

De son côté, Raphaël Confiant, s’il juge lui-même ses propos excessifs, et écrits sous le coup de la colère, précise ne les attribuer qu’à certains guyanais, qui usent selon lui d’un discours raciste à l’égard notamment des martiniquais. Et le Doyen d’en profiter pour faire le point sur les questions de fond. Extraits de sa réaction, publiée sur son site Montraykréol.

« (…) des élus guyanais se sont indignés de mes propos. Je les comprends: ils ont le devoir de défendre leur territoire et leur population. La presse locale en a fait à son tour des choux gras. Je la comprends: il n’y a, dans nos pays, guère de quoi alimenter gros titres et autres scoops »(…) J’assume donc totalement le fait d’avoir réagi avec une colère, sans doute excessive, à la lecture de l’ouvrage xénophobe et raciste de Jules Linguet, mais je sais que mes vrais amis guyanais savent très bien qui je suis (…). Utiliser donc un simple mail privé, bien sûr empreint de colère, pour traiter d’un problème aussi sérieux que le devenir de l’UAG n’est pas…sérieux. Cela revient à se cacher pour ne pas aborder le vrai problème et le vrai problème en l’occurrence est de savoir si les universitaires des trois pôles de l’UAG sont d’accord pour se mettre autour d’une table afin de construire un nouveau devenir pour notre université ou si, au contraire, ils préfèrent sa partition et son éclatement en trois micro-universités qui n’auraient aucun rayonnement ni au plan sud-américain ni au plan caribéen et encore moins au plan mondial. Exiger le départ ou la démission de tel ou tel universitaire du pôle Guyane au motif (toujours non avoué) de son origine ethnique ou géographique, voilà le vrai scandale ! Que l’on conteste la gestion de X ou Y, que l’on veuille l’amener à rectifier le tir, je suis entièrement d’accord, mais refuser toute discussion avec eux au nom d’une « préférence régionale » (encore non avouée mais bien réelle !) n’est pas acceptable. (…) »

A travers ses excès, Raphaël Confiant sape son propre message, pourtant sensé, et contribue même probablement à travers cette agitation provoquée, au succès de ceux qu’il combat.