Il est né Alix Mathurin aux Abymes (Guadeloupe) et revient sur ses terres en tant que Kery James. Le célèbre rappeur a en effet débuté sa tournée aux Antilles. En concert jeudi 13 à l’Atrium en Martinique, il sera vendredi 14 février à Lakasa en Guadeloupe.

À 36 ans, Kery James se veut encore la voix des jeunes en difficulté des quartiers pauvres. Dans ses textes comme dans la vie active, il milite pour un regain d’orgueil de cette jeunesse désavantagée.

Si il a, depuis toujours, soutenu cette cause, il s’avère surtout catalogué comme un chanteur engagé, provocateur,  » anti-système » et  »anti-gouvernement ». De quoi mettre à mal sa réputation auprès de la classe politique. En effet, Kery James tient un double discours basé sur l’idée de lutte contre vents et marées pour s’en sortir et sur celle d’un système responsable de nos épreuves.

Il fait souvent mention de cette France colonisatrice, inégale et injuste qui récolte ce qu’elle sème. Une conception troublante jusqu’à se demander si elle n’obtient pas
l’effet inverse. Un fatalisme à outrance derrière lequel se cacherait des excuses d’échecs, de violences et d’illégalités.

Si cette philosophie est partagée dans les banlieues parisiennes, qu’elle en est la portée dans nos départements d’outre-mer ? La situation de nos jeunes aux Antilles est-elle comparable à celle de ceux des banlieues de Paris ?

Au delà de la qualité musicale et technique du show, l’interrogation porte sur ce que les jeunes antillais retiendront du discours de Kery James après de cette tournée. Entre le message d’espoir et l’esprit d’accusation, lequel retiendra l’attention du public Antillais ?

@jorisylvie